La rumeur : définitions et bibliographies

Publié le par DS

1. Quelle est la différence entre une rumeur et une information ?

C'est précisément au journaliste qu'il incombe tout particulièrement d'établir la différence entre les deux.

Pour celui qui l'apprend, une information possède au moins deux caractéristiques essentielles : elle a un auteur (le journaliste) et une source authentifiée, généralement précisée par le journal qui la publie, lequel se porte garant de cette information.

En effet, dès lors que l'information est publiée, le journaliste qui en est l'auteur s'engage à avoir vérifié l'authenticité de cette information auprès de ses propres sources (recoupement). De même, le journal engage sa responsabilité s'il s'avérait que l'information en question soit tout de même fausse (dans certains cas, gare au procès en diffamation !).

La rumeur, tout au contraire n'a pas d'auteur : on la tient d'untel, qui lui-même... Le recoupement est quasi impossible (s'il l'était, la rumeur deviendrait une information !). Elle circule souvent très vite et c'est même ce qui lui confère une apparence d'authenticité : on l'apprend de quelqu'un puis, un peu plus tard, de quelqu'un d'autre, à peine déformée. Il y a donc comme un recoupement... Comment alors ne pas adhérer ?
Pierre Méra, http://www2.presse.ac-versailles.fr/Pedago/rumeur00.htm


En "vedettarisant" la rumeur, les médias en font le modèle de l'information fausse ; par là, ils plongent le lecteur dans ce processus de simulation du réel ; le néo-réel qui s'offre à lui étant la faculté (l'espoir) de discerner le vrai du faux  ; la rumeur, de l'information. Sur la base de cette néo-réalité, les mass media engagent une gigantesque opération de  d'auto-justification ; en séparant la rumeur de l'information vraie, ils affirment par le jeu de la self-full prophecy, la dichotomie du monde et leur rôle primordial dans la perception de celle-ci, entraînant le consommateur à sa suite.
Annabelle Klein, La galaxie des rumeurs, 1995

La rumeur se meut par les médias d'abord et avant tout ;  c'est les médias qui transforment les ragots en rumeurs


2. Définitions de la rumeur
 

Pour le psychanalyste, la rumeur est une mise en scène : la mise en scène d’un fantasme. Comme chacun sait, une mise en scène se fait généralement sur un théâtre. Le théâtre dont il est question ici - le théâtre dont il s’agit dans le cas de la rumeur -, c’est le théâtre de la rue. La rumeur c’est la mise en scène du fantasme sur ou dans le théâtre de la rue.

Un phénomène de transmission large d'une histoire à prétention de vérité et de révélation par tout moyen de communication formel ou informel.
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Rumeur

La naissance d’une rumeur, c’est la conjonction de plusieurs faits : des allégations et une projection. Mais la rumeur n’est pas toujours nuisible. Il peut y avoir, comme c’est le cas ici, des rumeurs           positives. De plus, la rumeur entretient le lien social. Elle permet d’échanger entre nous, autour de la machine à café au bureau ».

Le meilleur vecteur d’une rumeur reste… les médias ! Les numéros spéciaux sur les rumeurs par exemple relancent celles-ci de plus belle. Sans compter les démentis : lorsqu’on dément une rumeur, il y a un pourcentage de personnes qui la colportent à nouveau et un autre pourcentage qui se disent

si c’est démenti, c’est que c’est vrai. La seule usure d’une rumeur, c’est le temps »
http://pascalfroissart.online.fr/2-presse/2006-dauphine.pdf


 

“ La rumeur est un récit qui véhicule sous une forme symbolique des peurs, des fantasmes, des espoirs et tout ce qui ne peut pas être dit autrement. À ce titre, les rumeurs ont pour fonction première de faire passer des "messages" indicibles directement. Elles sont donc une photographie de l’état d’esprit d’une société à un moment donné, un formidable révélateur de ce que pensent et croient les individus. Elles sont inséparables des échanges oraux entre individus dont elles constituent la partie la plus vivante ”

tirée de l’article paru dans la revue Echanges en 1994 par Pascal Gustave, consultant et intervenant à l’école de guerre économique.

 

Bibliographie
Pascal Froissart, La rumeur. Histoire et fantasmes, Paris, Belin, 2002, 198 p. 
Kapferer, Rumeurs, Le plus vieux média du monde, Poche seuil
Médiamorphoses 19 : Rumeurs, contes et faux-semblants, Ina/Colin,  

Edouard Dor et Bernard Valette, Les vertus du mensonge, information déformation manipulation, Sens & Tonka, 2002


Sitographie

http://pascalfroissart.online.fr/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rumeur

http://www.snopes.com/

http://www.hoaxbuster.com/

http://www.hoaxkiller.fr/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Légende_urbaine

 

 

 

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