Médias et rumeurs

Publié le par DS

Fausse information colportée par tous les médias de peur de passer à côté d’une vraie information, le ratage de scoop étant l’obsession du médiaticien. Le spectaculaire développement d’Internet et des réseaux accroît les sources de rumeurs. Comme la polémique, la rumeur enfle.
http://www.mediatic-dico.com/article-4870353.html


Mariage d'Albert de Monaco
"Le mariage est décidé", tel est le titre de l'article que le magazine Gala consacre au couple formé par le prince Albert de Monaco et Charlène Wittstock, mercredi. L'hebdomadaire croit savoir que le prince aurait confirmé "à son entourage et à ses amis proches" que, "en 2009, Miss Wittstock deviendra princesse de Monaco", le "timing des préparatifs" s'organisant avec "une annonce des fiançailles cet automne [...], pour des noces célébrées au printemps ou au tout début de l'été".
 
Contacté par LCI.fr, le service de presse du Palais ne commente pas cette information et rappelle que, en cas de décision officielle sur un mariage entre Albert de Monaco et Charlène Wittstock, une annonce émanerait directement du Palais.


l'affaire du RER
http://www.acrimed.org/article1707.html

circulation de l'information
http://www.acrimed.org/article2929.html

l'affaire d'Outreau
http://www.acrimed.org/%20article2221.html
http://www.le-tigre.net/La-presse-et-Outreau-2001-2006.html
http://www.monde-diplomatique.fr/2004/12/BALBASTRE/11719

ce que change internet
 
 http://www.acrimed.org/article2879.html?var_recherche=rumeurs


théorie du complot
http://www.journalistiques.fr/post/2008/09/12/Conspirationnisme%3A-l-effet-Koulechov-applique-a-la-construction-de-l-actualite


Retour à froid sur une rumeur

Les ultimes péripéties du couple Sarkozy rappellent une évidence : une rumeur peut être vraie, une information peut être fausse. Traiter un fait non confirmé de simple rumeur ne suffit pas à le disqualifier. Bétonner une information par des sources certifiées ne suffit pas à l’attester. Quel inconfort pour les journalistes ! Les médias vivent entourés de rumeurs, depuis toujours. Le phénomène a empiré avec la Toile. La rumeur n’est plus urbaine, elle est planétaire. Comment faire ?
Les usages journalistiques prévoient quelques balises. La plus importante tient à l’intérêt public. Le fait colporté, avéré ou non, satisfait-il à ce critère ? La séparation du couple présidentiel y répond, quoi qu’en disent de récents sondages. Le président a confié par le passé des responsabilités à sa femme, au sein de son parti. Peu après son accession à l’Elysée, il l’a chargée d’une mission hautement médiatisée auprès du colonel Kadhafi, participant ainsi à la libération des infirmières bulgares. Depuis la mi-juillet, les absences protocolaires de Madame, son art de se défiler ont posé des questions sur la représentation de la présidence française.
La deuxième balise relève du respect de la vie privée. La presse française quasi unanime s’est calée sur cette position, quel que soit par ailleurs l’intérêt public de la nouvelle. Deux séries de questions se posent cependant. Un homme public, une femme publique peuvent-ils prétendre à une protection aussi étanche que tout un chacun ? Le couple Sarkozy n’a-t-il pas toléré des intrusions dans son intimité ? Cette intimité, ne l’a-t-il pas exposée même en certaines circonstances ? Mais encore. Le respect de la sphère privée ne serait-il pas en l’occurrence qu’un prétexte, alors qu’il en est fait si bon marché à propos d’autres personnes ? N’est-ce pas plutôt la crainte de rétorsions qui a pesé ? Ou le risque de se couper de sources précieuses, par une divulgation effrontée ? Le silence n’est pas toujours fait que de vertu.
Chaque journaliste a le devoir de ne publier que les informations dont il connaît l’origine. Cela explique le petit jeu auquel se sont livrés les médias français et étrangers. L’origine étant sans doute insaisissable, parce que multiple, ce sont des sources secondaires qui ont servi de références. Les suppositions, les hypothèses ont commencé par courir sur la Toile, à tourner en boucle, avant d’être reprises avec des pincettes dans les médias traditionnels. Sur ce dernier point, les règles journalistiques ont été respectées. La nouvelle étant non confirmée, elle a été donnée comme telle. Jusqu’à la communication officielle du divorce.
Ce retour à froid conduit à une dernière question : les journalistes sont-ils légitimés à faire de l’existence d’une rumeur une information ? Cela dépend de la nature de la rumeur. Si elle est porteuse d’un reproche grave, ils se doivent d’entendre le principal intéressé. Une séparation conjugale n’en est pas un. Pour le reste, la rumeur est perverse : toute démarche journalistique visant à la vérifier contribue à la répandre. Le porte-parole de l’Elysée en retiendra la leçon à vie.

http://www.mediateur.edipresse.ch/?p=36

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